Flash-back en arrière :
Où en était-on au début du mois d’avril 2002 ?
- Arlette Laguiller était mesurée entre 9 et 10% d’intentions de vote.
- Olivier Besancenot entre 0,5% et 1%.
- Jean-Pierre Chevènement était pointé autour de 8-9%.
- Lionel Jospin avait entamé son glissement mais se situait encore autour de 19-20%.
- Jacques Chirac recueillait 23-24% d’intentions de vote.
- Jean-Marie Le Pen oscillait autour de 12-13%.
- En y incluant la moitié des intentions de vote Chevènement, le total gauche et extrême-gauche était mesuré autour de 43/44%, ce qui fut d’ailleurs son résultat final (10,4% pour l’extrême-gauche, 32,5% pour la gauche plurielle).
Aujourd'hui comme en 2002, l’état de l’opinion mesuré à trois semaines du scrutin a peu de probabilités de correspondre à la stricte réalité qui sortira des urnes.
En 2007, revue des forces et faiblesses des principaux candidats à l’aube de la dernière ligne droite:
- Nicolas Sarkozy fait la course en tête depuis début janvier et reste mesuré à un très haut niveau (autour de 30%). La forte mobilisation de son camp sur son nom lui semble acquise. Il n’est cependant pas à l’abri d’une montée de Le Pen dans les dernières semaines, qui ne peut se faire qu’en sa défaveur, puisqu’il capte aujourd’hui dans les intentions de vote 20 à 25% d’électeurs Le Pen de 2002. Il n’a pas encore non plus complètement démontré sa capacité à rassembler au second tour.
- Autour de 25-27%, Ségolène Royal arrive mieux placée que Lionel Jospin. Elle a su résister, contenir la poussée Bayrou et a encore les cartes en main pour accentuer la mobilisation de son électorat. Elle dispose en revanche de peu de réserves pour le second tour, du fait de la faiblesse des autres candidats de gauche.
- La progression de Bayrou a été le fait de campagne des mois de février et mars, mais il est depuis sur une pente descendante. Il se situe aujourd’hui à des niveaux proches de ceux enregistré par les candidatures centristes, Lecanuet en 1969 ou Barre en 1988. La réactivation de l’affrontement gauche-droite, déjà à l’œuvre, et la prégnance du vote utile identitaire de gauche en faveur de Ségolène Royal, peuvent jouer contre lui dans les dernières semaines
- Le Pen, à 12-13%, est dans les mêmes temps de passage que ceux d’avril 2002. Le retour de l’insécurité dans la campagne appuie encore un peu plus l’hypothèse de sa traditionnelle poussée dans les derniers jours.
- A 4/4,5%, Olivier Besancenot s’extirpe du "gruppetto" des 2% et moins.A trois semaines du premier tour, le rapport de force électoral reste surtout largement favorable à la droite.
Source : blog de la présidentielle 20 Minutes, Philippe Hubert & Samuel Jequier, experts sondageAlors, 2007 sera-t-il un remake de 2002 avec un second tour UMP - FN ? Ou les français opteront pour un retour au classique affrontement Droite - Gauche ? Et si ce changement tant souhaité par les français se concrétisait par un second tour UMP - UDF ou PS-UDF ?
Dans cette optique, ma préférence serait de très loin un second tour UMP - UDF car le Front National ne propose aucun projet d'avenir pour la France si ce n'est un torchon d'horreurs. La candidate du parti socialiste fait du tort à la gauche et ne relate pas assez l'image d'un chef d'Etat alors que les candidats potentiels chez le socialistes étaient nombreux et pour certains de meilleure qualité si l'on peut parler de qualité pour un candidat.
En tout cas, chez les bookmakers, Sarko, Ségo & Bayrou ont la côte mais Le Pen serait un pari risqué mais enrichissant!!! A vos paris......
1 commentaire:
Alors là, moi je suis épaté par notre prolixe Jibé.
Un vrai livre ouvert sur la campagne ce Jibé! J'espère d'ailleurs avoir quelques débats autour d'une bonne Guinness la semaine prochaine.
Cela étant dit, il me faut quand même me lancer à mon tour dans le débat.
Je n'ai pas eu le temps d'émettre d'avis sur la question européenne, aussi vais-je le faire derechef et dans ce même message:
L'Europe est une valeur charnière de la politique, mais elle n'a rien d'une valeur stable. Certains me diront, et ils n'auront pas forcément tort, que le Non d'avril 2005 fut un terrible coup d'arrêt à cette recherche de définition. Reste néanmoins l'Europe, cette idée un peu floue que l'ont veut une fois des peuples une fois des technocrates. Pour ma part, je dirais que la position des candidats sur le sujet reflète cette absence de repères européens: ils veulent établir des marques et relancer l'idée de constitution, abrogée au niveau parlementaire, mais surtout, ils ne savent pas très bien où ils vont. Dire non à la Turquie dans l'Europe, c'est une vaillante idée lorsqu'on ne sait plus très bien ce que l'Europe est: un marché commun, une coalition au sein des relations internationales, ou encore un réseau de relations interétatiques privilégiées? Bref. Un sacré schmilblick.
Concernant les sondages et le très intéressant parallèle dressé avec avril 2002 par l'ami Jibé, je dirais qu'ils sont une seule et unique chose: un mal nécéssaire.
Un mal, parce que particulièrement en France, l'opinion s'écoute parler. Bayrou n'a pas commencé à grimper dans les sondages parce qu'il a changé un discours centriste qu'il évoque depuis qu'il a pris les rennes de l'UDF, il a commencé à grimper par un pur effet de masse d'un caillou lancé du haut d'une montagne et qui finit en avalanche (que j'espère ne pas voir débouler rue de la Boétie). C'est l'effet boule de neige.
La voie de la France s'échauffe dans les sondages mais son récital n'est que le 22 avril, et nous ne sommes pas à l'abri d'une fausse note ou d'une impro. N'hésitez pas à me le dire si vous n'aimez pas les métaphores.
Un mal nécéssaire en second lieu parce qu'il faut pouvoir faire le tri dans toutes ces idées, et qu'il faut pouvoir dégager les courants principaux de la politique.
De mon côté, tant que l'extrême gauche ne dépasse pas son score de 2002, je continuerais à boire des bières en toutes sérénnité.
J'aimerais parler maintenant, brièvement, de Nicolas.
A deux sujets: un évoqué par Jibé ici même et un autre tout frais du figaro.fr.
Quand tu parles de "perches tendues à l'extrême droite", je ne vois pas bien ce que tu veux dire. Tu es suffisamment intelligent pour comprendre qu'évoquer les thèmes de la sécurité ou de l'immigration, ce n'est pas chasser sur les terres du FN, c'est chasser sur des terres politiques qu'eux seuls ont arpenté car eux seuls ne craignaient pas, en tant que parti de protestation, de heurter la conscience molle née du politiquement correct (ca ressort à toutes les sauces mais ca ne fait pas de mal). Maintenant, je comprend aussi que tu y vois des appels du pied aux lepenistes de 2002, mais je suis aussi persuadé qu'il y en a une bonne partie qui ont juste besoin d'un peu de fermeté sur certains sujets, fermeté qu'incarne Sarko. Sarko, pour moi, sur ces sujets, c'est la fermeté sans les excès du FN. Ceux qui pointent du doigt l'Etat en plein exercice de ses fonctions légitimes que sont la protection civile ou encore le maintien de la cohérence de la communauté nationale sont des irresponsables effrayés à l'idée d'être injustement taxés de fachistes par les terroristes intellectuels de la bonne pensée. Et une phrase à caractère sociologique, une! y'en a 200 grammes de plus je vous les met quand même?
Sinon, l'ami Sarko, une fois n'est pas coutume, a fait un faux pas sur la pédophilie. D'ailleurs, je ne dirais pas que c'est un faux pas sur la pédophilie mais lutôt un faux pas dans son approche politique: ce qu'il a dit relevait plus du philosophique que du politique, et il semble qu'il y est en la matière un principe de non-immixtion qui me semble bienfaiteur. Le jour où les philosophes auront le pouvoir, les politiques pourront peut être se permettre de marcher sur leurs plates-bandes. D'ailleurs, qu'ils le veuillent ou non, beaucoup d'entre eux ont une grande influence sur les politiciens. J'ai trouvé que c'était juste un peu déplacé, mais je n'irai pas jusqu'à dire que c'était choquant, bien que certains ne manqueront pas d'y voir une apologie des hobbies dutrouiens.
D'ici à la prochaine salve, j'embrasse ceux que ça plaira.
Xav, à Cardiff.
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